
Asilah a ce don rare de faire ralentir les gens. Ses ruelles blanches, ses murailles ocre face à l’Atlantique, ses galeries d’art glissées entre les maisons — tout dans la ville invite à prendre le temps, à flâner sans programme précis. C’est ce qui fait revenir ses visiteurs. Ce n’est pas une ville à visiter : c’est une ville à habiter, même quelques jours.
Mais il arrive un moment, après les promenades le long des remparts et les déjeuners en terrasse, où l’envie d’une excursion se fait sentir. Quelque chose de différent. Quelque chose qui ne ressemble pas aux visites habituelles, tout en restant dans l’esprit de ce qu’on est venu chercher ici : l’authenticité, la lenteur, le contact avec quelque chose de réel.
À quarante-cinq minutes de route d’Asilah, dans les collines de Mnar au-dessus de Tanger, cette excursion existe. Elle s’appelle Pick it Cook it, et elle mérite d’occuper une demi-journée entière de votre séjour.
Une ferme, une idée simple
Tout part d’un constat qui paraît évident une fois qu’on l’a entendu : on ne comprend pas vraiment la cuisine marocaine si on ne sait pas d’où viennent les ingrédients. Pas le marché — le jardin. La terre. Le plant de coriandre qu’on coupe soi-même, les citrons confits qu’on cueille sur l’arbre, les légumes de saison dont la forme n’a rien de celle des étals plastifiés des supermarchés.
C’est autour de cette idée que le domaine a été construit : un espace agricole certifié bio de 6 000 m², planté d’herbes aromatiques, de légumes de saison et d’arbres à fruits, où les herbes qu’on cueille le matin finissent dans l’assiette qu’on mange à midi. Le tout dans une cours de cuisine marocaine à Tanger pas comme les autres — avec une cuisine entièrement vitrée, ouverte sur la Méditerranée, où l’on cuisine entouré de lumière et de paysage.
Ce n’est pas un restaurant. Ce n’est pas non plus un cours de cuisine au sens classique du terme — chef en tablier blanc, démonstration, dégustation rapide avant de repartir. C’est quelque chose de plus lent, de plus impliqué, et de beaucoup plus mémorable.
Le déroulement d’une matinée là-bas
On commence dehors. C’est la première chose qui surprend : pas de cuisine, pas de plan de travail, pas d’ingrédients déjà pesés qui attendent sur des bols. On commence dans le jardin, avec un panier et un sécateur.
Un guide fait le tour des rangées avec vous — voici la coriandre, voici le persil plat, là les courgettes qui ont grossi depuis la semaine dernière, là les citrons confits qui sont dans leur dernier mois de fermentation. Vous coupez ce dont vous aurez besoin. Vous portez ce que vous avez récolté jusqu’à la cuisine. Ce déplacement d’un endroit à l’autre — du jardin à la table de travail — change quelque chose dans la manière dont on aborde ensuite la cuisine. Ce n’est plus de la préparation : c’est une continuation.
Dans la cuisine vitrée, un chef local guide la suite. On construit un tajine depuis sa base — les épices d’abord, posées dans l’huile d’olive chaude, puis la viande, puis les oignons confits, puis, en toute fin de cuisson seulement, les citrons confits et les olives pour qu’ils gardent leur intensité. À côté, un couscous roulé à la main, monté en deux vapeurs successives à la couscoussière — pas la version en cinq minutes, la vraie, celle qui gonfle grain par grain. Et du pain, pétri sur place et enfourné dans le four à bois du domaine, le genre qui crépite quand on le rompt et qui sent la farine chaude et la cendre légère.
Tout ce qu’on mange, on l’a cuisiné. Tout ce qu’on a cuisiné, on l’a d’abord récolté. Le repas final, pris en terrasse face à la Méditerranée, a une saveur particulière pour cette raison — pas meilleur objectivement, mais différent, habité par quelque chose qu’on ne retrouve pas ailleurs.
Ce que ce n’est pas
Il existe beaucoup de cours de cuisine pour touristes au Maroc — dans des maisons de la médina, des riads aménagés, des cuisines d’hôtels. Certains sont bien faits. Mais la plupart reposent sur le même modèle : un chef prépare les ingrédients à l’avance, le visiteur les assemble dans l’ordre, on mange rapidement avant de repartir.
Pick it Cook it ne fonctionne pas comme ça, pour deux raisons principales.
La première, c’est le cadre. On n’est pas en ville. On est sur une exploitation agricole dans les collines, entouré de végétation et de silence, avec la mer en arrière-plan. L’ambiance change tout — il n’y a pas de bruit de rue, pas de mouvement autour de soi, pas d’impression d’être dans un circuit touristique. Le rythme est celui d’un endroit qui produit quelque chose, pas d’un endroit qui accueille des visiteurs.
La deuxième, c’est la durée et le niveau d’implication. On passe plusieurs heures sur place. On fait les choses dans l’ordre, sans sauter d’étape, sans raccourcis. Pour des visiteurs qui ont choisi Asilah précisément parce qu’ils voulaient sortir du tourisme pressé — c’est exactement ce qu’ils cherchent.
Une excursion facile depuis Asilah
C’est peut-être ce qui rend cette expérience particulièrement bien adaptée à un séjour à Asilah : elle ne demande pas d’organisation compliquée, et elle ne ressemble à rien de ce qu’on peut faire dans la ville elle-même.
Comptez quarante-cinq minutes de route depuis Asilah, une route côtière et vallonnée qui longe l’Atlantique avant de monter vers les collines de Mnar. Si vous ne louez pas de voiture, un transfert depuis Asilah peut être organisé directement avec l’équipe de Pick it Cook it — précisez simplement où vous séjournez au moment de réserver.
Prévoyez une demi-journée entière. Ce n’est pas une expérience qu’on fait en vitesse.
À savoir avant de réserver :
- Transfert possible depuis Asilah sur demande
- Formats disponibles de 2h30 à 5h selon vos disponibilités
- Tous les régimes alimentaires pris en compte : végétarien, vegan, sans gluten, halal
- Idéal en famille, en couple ou entre amis
- Groupes de toutes tailles bienvenus, sessions privées disponibles
- Réservation par WhatsApp ou directement en ligne
Pour qui c’est fait
Pour les voyageurs qui séjournent à Asilah en cherchant à éviter le tourisme de masse — cette excursion est dans le même registre que leur choix de destination : calme, authentique, sans mise en scène.
Pour les familles avec des enfants en âge de participer — la partie jardinage plaît beaucoup aux enfants, et le fait de manger ce qu’on a soi-même cuisiné a quelque chose de satisfaisant qui marche à tous les âges.
Pour les couples qui veulent une matinée différente, partagée autour de quelque chose de concret et de beau.
Pour quiconque rentre de voyage avec envie de reproduire ce qu’il a mangé — cette matinée donne les techniques et les recettes pour vraiment le faire.
En résumé
Asilah invite à ralentir. Pick it Cook it, à quarante-cinq minutes de là, invite à faire quelque chose de cet espace — récolter, cuisiner, manger, comprendre. C’est une parenthèse simple et authentique, dans un cadre que peu de visiteurs de passage au Maroc ont la chance de traverser.
Si vous avez une demi-journée libre pendant votre séjour, c’est probablement la meilleure façon de l’utiliser.

